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Les sept titres de champion du monde d’Alain Prost

Vous connaissez probablement Alain Prost, français, quadruple champion du monde de Formule 1. Mais savez-vous que si à l’époque, le barème de points était le même qu’aujourd’hui, Alain Prost serait 7 fois champion du monde

Le français naît le 24 février 1955 dans la Loire. Il commence le karting à 14 ans pendant des vacances, en suivant son frère. Il part dernier de la course, et avec un bras dans le plâtre, il remporte finalement la course. Cet évènement sera décisif pour le reste de sa carrière, et par la même occasion pour le sport automobile. 

Lors des essais pour la saison 1980, Alain Prost impressionne le directeur de l’écurie McLaren, en effectuant de meilleurs chronos que John Watson, le pilote titulaire de l’écurie. Dès sa première course, il marque dans les points, c’est-à-dire à la sixième position, et continue sur cette lancée, montrant son talent. Le pilote français se montre extrêmement prometteur. 

Pour sa seconde saison, il signe chez Renault, malgré des offres de Ferrari. Avec eux, en 1981, il obtient sa première victoire au Grand Prix de France. Il reste dans cette écurie jusqu’en 1984, où il retourne chez McLaren. Il pilote ensuite chez Ferrari en 1990 et en 1991, puis après une année sabbatique en 1992, signe chez Williams en 1993, où il sera champion du monde pour la quatrième fois. Son contrat contenant une clause l’empêchant d’avoir Ayrton Senna, il quitte Williams et la Formule 1 en 1994, l’écurie souhaitant engager le brésilien.

En effet, durant sa carrière, les deux se sont livrés à une rivalité devenue célèbre dans ce sport. Cette dernière est l’une des raisons pour laquelle Alain Prost est moins aimé, notamment dans les pays d’Amérique du Sud. Le pilote français déclarera même en 1988, Ce Brésilien est très dur, il ne cherche pas à me battre, ce qu’il souhaite c’est me détruire. Les autres pilotes ne comptent pas. Pour une raison que j’ignore, c’est moi seul qu’il veut battre“. 

 

Si Alain Prost est un des plus grands pilotes de l’histoire, ce n’est pas pour rien. Avant même d’atteindre la Formule 1, il est champion d’Europe de karting junior en 1973, ou encore champion d’Europe de Formule Renault en 1977, avec 12 courses sur 13. Il remporte également le championnat d’Europe de Formule 3 en 1979, ce qui est une porte pour la Formule 1. 

En Formule 1, il a obtenu 51 victoires, et est monté sur 106 podiums sur les 199 auxquelles il a participé. Durant sa carrière dans la discipline reine, il a également mené 2 683 tours.

 

Si vous connaissez le barème de points actuel, il est important de savoir qu’il n’était absolument pas le même durant les années d’Alain Prost. Le français a connu quatre barèmes différents. Jusqu’en 1991, le premier obtenait 9 points, le second 6, le troisième 4, le quatrième en récupérait 3, le cinquième 2 puis le sixième, un seul. Mais en 1980, seuls les cinq meilleurs résultats ainsi que les cinq pires sur les quatorze  étaient comptabilisés. De 1981 à 1984, les points de tous les Grands Prix comptaient, puis à partir de 1985, ce sont simplement les onze meilleurs résultats qui comptent. Le dernier barème connu par Alain Prost est celui de 1991 à 2002. La grande différence est que le vainqueur ne remporte pas 9 points, mais 10 points, et les points de tous les Grands Prix comptent. 

Aujourd’hui, le premier remporte 25 points, le second 18, le troisième 15. Ensuite, le quatrième en gagne 12, puis chaque position remporte 2 points de moins que la précédente jusqu’à la dixième position.

La grande différence entre les barèmes de l’époque, est que les abandons sont bien moins pénalisant qu’aujourd’hui, puisque les abandons pour cause de problèmes mécaniques étaient bien plus fréquents. 

A son époque, Alain Prost remporte quatre champion du monde, ce qui fait de lui aujourd’hui un des pilotes les plus titrés avec Max Verstappen, derrière Lewis Hamilton et Michael Schumacher et leurs sept championnats du monde chacun. Il remporte le premier en 1985 avec une vingtaine de points d’avance, et le second l’année suivante de seulement deux points contre Nigel Mansell et Nelson Piquet, avec une voiture médiocre. Son troisième est remporté contre Ayrton Senna, son coéquipier, en  1989. Enfin, le dernier est en 1993, avec encore une fois, une vingtaine de points d’avance. 

Mais si Alain Prost avait connu le barème de points que l’on connaît, en place depuis 2010, Alain Prost ne serait pas quadruple champion du monde, et l’exemple le plus parlant est la saison 1988. Cette année-là, seulement les onze meilleurs Grands Prix comptent sur les seize. Prost remporte sept courses, et est sept fois sur la seconde marche du podium. Il finit donc la saison avec 105 points, mais seulement 87 sont comptabilisés. De son côté, Ayrton Senna finit vainqueur de huit courses, et trois fois deuxième. Le brésilien finit la saison avec 90 points comptabilisés, et 94 en tout. En comptant seulement les onze meilleures performances, Senna devient champion du monde, pourtant, Prost a plus de points sur toutes les courses. Le français remporterait également le championnat du monde de 1988, avec 26 points d’avance avec le barème actuel. 

 

Mais le français aurait également été champion du monde en 1983, face au brésilien Nelson Piquet, puisque l’écart serait nul entre les deux pilotes, mais les meilleures performances de Prost lui offriraient le titre. 

La saison suivante, en 1984, l’écart entre lui et Niki Lauda passerait de 0.5 point pour Lauda, à 4.5 pour Alain Prost. 

Enfin, la dernière situation serait celle expliquée précédemment, en 1988. 

 

Alain Prost est donc parfois considéré comme l’un des pilotes largement sous-côtés du sport, très souvent caché par sa rivalité avec Ayrton Senna, qui lui a parfois porté préjudice.