Quand le rêve marocain tourne au chaos
Au début, cette Coupe d’Afrique des Nations au Maroc devait être une évidence. Après le mondial 2022, l’image des Lions de l’Atlas, les stades prêts, l’organisation annoncée comme exemplaire, tout laissait penser que cette CAN allait montrer un football africain sûr de lui, moderne, respecté. On s’attendait à parler de buts, d’ambiances, de supporters venus de tout le continent. On ne s’attendait pas à parler de serviettes, de soupçons, et d’arbitrage pendant des jours.
Et pourtant, c’est exactement ce qui s’est passé.
La finale entre le Maroc et le Sénégal a fait basculer toute la compétition dans autre chose. Une décision arbitrale jugée très discutable, validée par la VAR, a mis le feu au match. Les sénégalais protestent, quittent le terrain, une première lors d’une finale de can qui a particulièrement chamboulée le football, le jeu est arrêté longtemps, les tribunes grondent. À ce moment là, on ne parle plus du tout de football. On parle de justice, de favoritisme, de pression, d’image.
Le Sénégal finit par gagner en prolongation, mais presque personne ne parle vraiment de la victoire. Ce que tout le monde retient, ce sont les scènes autour.
Et surtout, cette histoire qui paraît presque ridicule quand on la raconte, mais qui a choqué énormément de monde. Les serviettes du gardien sénégalais Édouard Mendy. Des ball boys qui les prennent, des joueurs marocains qui les jettent plus loin lors de plusieurs matchs, le gardien obligé de courir pour les récupérer pour pouvoir s’essuyer les gants. Sur les vidéos, ça ressemble à un détail, mais dans le contexte, ça donne l’impression d’une volonté de gagner par n’importe quel moyen. C’est ce genre d’images qui ont tourné partout et qui ont sali l’ambiance bien plus que n’importe quel but.
Très vite, les réseaux se remplissent d’accusations. Certains affirment que le Maroc a été favorisé tout au long du tournoi. D’autres vont plus loin et parlent carrément de matchs achetés, même si rien n’a été prouvé officiellement. Le pays hôte qui arrive en finale, cela pose rapidement des questions…
Le problème, c’est que quand plusieurs décisions arbitrales semblent aller dans le même sens, le doute s’installe facilement dans les esprits.
La CAF distribue ensuite des sanctions, des amendes, des suspensions, et au lieu de calmer les choses, cela donne l’impression que tout est devenu un dossier disciplinaire plutôt qu’un souvenir sportif.
Au lycée, j’en ai beaucoup entendu parler. Est-ce que le football peut vraiment rester un sport quand il devient une vitrine politique et symbolique. Est-ce que la VAR aide vraiment ou si elle ajoute juste une couche de frustration. Est-ce que l’équipe qui organise peut vraiment être perçue comme neutre.
Cette CAN restera dans les mémoires, mais pas pour les raisons prévues. Pas pour le jeu, mais pour tout ce qui a débordé autour. Comme si, cette fois, le terrain n’avait pas suffi à contenir tout ce que le football transporte avec lui. Une coupe qui pour beaucoup a été l’une des pires dans l’histoire…


