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La Formule E, alternative à la Formule 1

La Formule E, aussi appelée Formule Électrique, est-elle un voué à remplacer la Formule 1 ?

La Formule 1 a été de nombreuses fois décriée pour la pollution qu’elle entraînait. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’en 2014, la discipline a évolué, avec l’arrivée des moteurs hybrides. Mais pas de panique si en 2026, la nouvelle réglementation prévoit que le système électrique assurera 350 kW, c’est-à-dire 476 ch, tandis que le système thermique, assurera lui, 400 kW, donc 544 ch, le moteur ne deviendra pas complètement électrique. La principale raison est simple, la Formule E possède auprès de la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile), l’exclusivité d’un championnat de monoplace avec un moteur électrique. De plus, la puissance de la voiture, en reste bien inférieure. S’il est régulier que les monoplaces du championnat de Formule 1 atteignent des vitesses telles que 340 km/h, les monoplaces électriques peuvent seulement atteindre une vitesse de 280 km/h, ce qui est plus ou moins similaire aux formules 3. Il est en revanche important de préciser qu’une vitesse supérieure serait parfaitement inutile, puisque les courses de Formule E se déroulent principalement en ville, comme expliqué plus loin. 

 

 

L’idée de créer la Formule E apparaît en 2011, et la première saison a lieu en 2014. La Formule E remplie les conditions données par le FIA pour que le vainqueur du championnat soit sacré champion du monde pour la saison 2020-21. Cette année, la discipline fait donc sa onzième saison. Pour cette saison, c’est la troisième génération de la voiture qui est utilisée, la seconde ayant fait son apparition lors de la saison 2017-18

 

La discipline possède ses propres règles, ainsi que ses propres week-ends, différents de la Formule 1, parce que contrairement aux idées reçues, la Formule E ne se veut pas être la F1 en électrique, mais tient à se démarquer de la discipline reine du sport automobile par plusieurs moyens que nous verrons plus tard, mais aussi par son fonctionnement

Tout d’abord, les week-ends de courses sont différents. Si les week-ends de Formule 1 durent trois jours, avec deux séances d’essai-libre d’une heure chacune le vendredi, une autre d’une heure également le samedi avec en plus les trois séances de qualifications, et puis enfin, la course, nommée aussi Grand Prix le dimanche. Le programme de la Formule E est différent, composé de deux séances d’essai-libre de trente minutes, puis de la séance de qualification, et enfin, la course, appelée E-Prix, le tout le même jour. Ce programme permet ainsi d’avoir parfois deux courses le même week-end. 

Pour les qualifications, les 22 pilotes sont divisés en deux groupes selon leur place au championnat, avec d’un côté les nombres impairs, et de l’autre, les nombres pairs. Les pilotes ont dix minutes pour faire le tour le plus rapide, puis les quatre premiers de chaque groupe se voient vivre des quarts de finale, dont les vainqueurs vont en demi-finale puis en finale. Le plus rapide, part donc devant pour la course, et récupère trois points pour le championnat pilote. 

La course dure 1 heure, avec un nombre de tours précis. Ce nombre peut être augmenté de deux ou trois tours, si la commission de course estime que les voitures n’ont pas assez roulé, à cause d’accidents ou autres problèmes. À la fin de la course, les dix premiers reçoivent un nombre de points en fonction de leur position. 

 

 

L’objectif de la Formule E, aussi surnommé FE, était de montrer que des moteurs électriques pouvaient aussi être utilisés pour des courses, à une époque où ils n’avaient pas encore assez prouvé leur efficacité pour beaucoup. L’objectif a été atteint, puisque ces monoplaces sont assez puissantes et assez chargée en électricité pour durer pendant environ 1 heure, qui est le temps d’une course, même si, il faut l’avouer, la première génération de voitures obligeaient certaines fois les pilotes à changer de monoplace en plein milieu de la course, faute de carburant. Mais cela n’arrive plus depuis que les monoplaces deuxième génération ont fait leur apparition. 

 

Le second objectif, rejoint le premier, c’est la démarche écologique. On retrouve cela dans le choix du lieu de la course. Les E-prix se déroulent pour la majorité en plein centre-ville de grandes villes. Il s’en ai d’ailleurs tenu un dans les rues de Paris, lors de la seconde à la cinquième saison. Cette décision vient de l’objectif de rendre la logistique autour des courses moins polluante, incitant ainsi le public à se rendre sur le circuit en transport en commun. La FE nous prouve d’ailleurs leur engagement avec leur slogan “Net zero since day zero”, qui peut être traduit par “[carbone] zéro, depuis le jour zéro”. 

 

Le troisième et dernier objectif est que la Formule E soit spectaculaire. L’une des solutions mises en place pour atteindre cet objectif, et qui rejoint le précédent objectif, est que les circuits soient pour la majorité des circuits urbains. Ainsi, là où les fans de Formule 1 savent que pendant les circuits urbains, le risque d’accident est plus élevé, c’est le quotidien pour les E-prix qui peuvent être régulièrement interrompus ou ralentis à cause d’accidents. Même si contrairement à la F1, la FE possède des monoplaces moins larges, plus petites, plus légères et moins rapides. Par exemple, si aujourd’hui le circuit de Monaco n’est plus vraiment adapté au championnat de F1, il est parfait pour le championnat de FE. Et pour les monoplaces électriques, le dernier E-Prix de la saison, à Londres se déroule à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur

 

 

Pour pouvoir régulièrement offrir du spectacle, la Formule électrique a fait le choix que le châssis (la voiture) et le moteur soient les mêmes pour tout le monde. Ainsi, à contrario de la Formule 1, la Formule 2 ou d’autres disciplines et catégories du sport automobile, il n’y a pas un moteur plus rapide que les autres, ni une écurie avec le meilleur aérodynamisme, ce qui ferait aller la voiture plus vite. La seule technologie a amélioré et étudié, est le rendement, ce qui est expliqué par Sylvain Filippi, directeur de l’écurie Envision Racing Formula E Team, qui parle d’une “guerre au rendement”. Pour ceux qui ne savent pas ce que cela signifie, il explique qu’en exemple, dans une voiture thermique normale seulement 15 ou 20% de l’énergie rejoint les roues, le reste servant à faire fonctionner tout le reste. Pour une voiture électrique normale, le pourcentage utilisé qui va à la roue, est d’environ 80%. En comparaison, pour les monoplaces de Formule E, 95 ou 96% arrivent aux roues. Les écuries se battent donc pour qu’il y ait le plus de pourcentage possible qui arrive aux roues. Cela promet donc un championnat serré

La Formule E a employé d’autres moyens pour rendre son championnat particulièrement divertissant. L’un d’eux, même s’il a été supprimé, était le Fan Boost. Le concept était simple, et impliquait les fans, comme son nom l’indique. Ils n’avaient qu’à voter pour le pilote de leur choix, et les cinq pilotes avec le plus de votes, obtenaient un boost de vitesse pendant secondes. En revanche, ce dispositif est retirée à la fin de la saison 2021-22, pour renforcer le sérieux de la discipline

Malgré cette suppression, le mode attack perdure, et continue d’ajouter ce côté marrant à la discipline. D’une manière comparable aux champignons dans Mario Kart, les pilotes peuvent obtenir un boost. Pour cela, les pilotes doivent passer à un endroit précis sur la piste, situé hors de la trajectoire, ce qui peut parfois leur faire perdre des places, à cause du peloton resserré que possède la discipline. Les pilotes peuvent choisir d’utiliser ce boost 2, 4 ou 6 minutes, avec l’obligation, à la fin de la course, de l’avoir utilisé au moins 8 minutes pendant la course, tout en étant passé au moins deux fois dessus. C’est aussi une solution pour voir de la stratégie pendant la course, puisque que contrairement à la F1, ou même à la MotoGP, il n’y a pas de changements de pneus ou de véhicules

Si vous n’êtes pas convaincu de la présence de spectacle en Formule électrique, les chiffres de la saison 9 termineront de vous convaincre. Durant cette saison, 6 écuries différentes ont gagné une course, 11 pilotes différents, donc la moitié, sont montés sur le podium, et 18 pilotes différents ont mené une course

 

 

Si l’on peut penser que c’est une catégorie où vous ne connaîtrez aucun pilotes, détrompez-vous. Si vous suivez la Formule 1, par exemple, certains noms ayant participé aux championnats de FE ne vous seront pas inconnus. Parmi ceux-ci, il y a eu Felipe Massa, Nick de Vries, Paul Aron ou Jean-Eric Vergne et Pierre Gasly. Certaines écuries sont des marques connues, comme Jaguar, Maserati, Nissan ou même Porsche et McLaren

 

 

Enfin, petit bonus pour cette catégorie, le pilote le plus titré, ainsi que l’écurie la plus titrée, sont tous deux français ! Le pilote n’est personne d’autre que l’ancien pilote de Formule 1, Jean-Éric Vergne, avec deux championnats, celui de 2017-18 et celui de 2018-19. Pour l’écurie, c’est DAMS (Driot Associés Motor Sport), qui a remporté trois championnats, en 2014-15, 2015-16 et 2016-17, étant ainsi la plus titrée.