Rêve olympique pour les hockeyeuses françaises
Du 6 au 22 février se tiendront les Jeux Olympique d’hiver. Si certaines disciplines, comme le ski alpin ou de fond sont particulièrement attendues du public, d’autres, comme le hockey féminin, restent plus discrètes. Et pour autant, cette qualification apparaît comme la concrétisation d’un rêve pour l’équipe de France, dans la mesure où c’est la première fois de son histoire qu’elle s’apprête à disputer une compétition olympique. Alors pourquoi ce boycott médiatique, quelle performance visent réellement les jeunes françaises, et pourquoi n’osent-t-elles pas cibler plus haut ? Nous étudierons quelques éléments historiques concernant la discipline, avant de nous concentrer sur la réalité actuelle de ce sport et d’évoquer les joueuses qui se rendront fièrement au Jeux Olympiques le mois prochain.

Très populaire dans les années 60, et plus particulièrement au niveau des pays occidentaux, le hockey féminin ne fait, cependant, son apparition olympique qu’en 1998, lors des Jeux de Nagano, au Japon. A titre de comparaison, cela faisait déjà 78 ans que le hockey sur glace masculin était considéré comme une discipline olympique. Cette nouvelle variante, dont les premières compétition surtout universitaires remontent au début du XXème siècle, se distingue notamment de sa version masculine dans la mesure où les charges, qui sont pourtant un fondement du sport, ont été rendues interdites depuis le championnat du monde de 1990, en raison de la trop importante différence physique entre les joueuses Nords américaines et celles des autres pays.

Si l’apparition de cette discipline sur les listes olympiques, a officiellement permis de concrétiser le rôle des femmes dans la discipline, elle ne l’a pas forcément rendue populaire. En effet, le hockey féminin reste une discipline rare, très peu reconnue du public, et notamment dans des pays comme la France, où la variante masculine est déjà très peu renommé. Ainsi, d’après la Fédération Française de Hockey sur Glace, la discipline compte environ 25 000 licencié(e)s, à travers le pays, alors que d’autres sports, beaucoup plus populaires comme le football ou le tennis peuvent concentrer jusqu’à 2 millions de licencié(e)s. Ainsi, le hockey sur glace est une discipline qui ne permet pas vraiment d’en vivre et dont les professionnels doivent souvent, en complément, progresser dans d’autres activités professionnelles.
Cependant, ces faits sont encore plus généralisés concernant les 3300 femmes pratiquant le hockey, et qui ne représentent donc que 13% des licencié(e)s. D’autre part, celles-ci se concentrent surtout dans des clubs renommés comme celui de Tours ou de Cergy, par exemple. De ce fait, elles apparaissent très minoritaires, notamment dans les clubs de Rouen, de Belfort ou de Châlons où elles représentent moins de 2% des licenciés. Ces chiffres s’expliquent notamment par l’image que le sport renvoie. Le hockey apparaît ainsi comme un sport cardio et violent, qui, selon les codes et stéréotypes sexistes, ne convient pas aux femmes. De plus, les exigences de pratique, dues à la rareté de la discipline, demandent une détermination sans faille aux jeunes sportives. Parfois contrainte à pratiquer loin de leur famille, à réaliser des déplacement fréquents et couteux d’un bout à l’autre du pays, même au niveau débutant ou moyen, ou même à jouer au sein d’équipes fragmentées avec lesquelles elles n’ont pas coutumes à s’entrainer, celles-ci doivent s’accrocher pour espérer progresser et évoluer dans des équipes adaptées.

Le club de Cergy lors de la coupe d’Europe féminine
Parmi les plus déterminées, 21 ont la chance unique de partir disputer la compétition olympique, le mois prochain. Parmi elles, certaines, comme Léa Berger, ont coutume à pratiquer l’activité à l’autre bout de l’océan. Selon, Grégory Tarlé, le sélectionneur de l’équipe, il s’agit d’un « groupe fort » dont « la profondeur sera sa force, son envie de persévérer et de poursuivre son rêve de réussite ». Après des mois d’entrainements compliqués, à jongler entre hockey, vie professionnelle et vie familiale, les jeunes femmes, sous les encouragement de leur capitaine, Lore Baudrit, espèrent atteindre les quarts de finale, notamment pour figurer dans le top 8 mondial; même si celles-ci aspirent surtout à renvoyer une image positive du hockey féminin. A l’inverse, l’équipe masculine s’est déjà rendue une dizaine de fois aux Jeux Olympiques, et espère cette fois « gagner du respect dans le monde du hockey ». En effet, les précédentes participations s’étaient pour la plupart soldées par des échecs, et la meilleure performance remonte aux Jeux de Saint Moritz, en 1928, durant laquelle l’équipe de France masculine avait terminé 5ème.

Finalement, le hockey sur glace féminin est un sport très peu connu du grand public, et dont les conditions de pratique restent exigeantes. Il n’en reste pas moins d’une discipline passionnante qui illustre parfaitement les valeurs sportives. En se rendant aux Jeux Olympiques, les jeunes hockeyeuses espèrent faire rayonner leur sport, et notamment en France, prouver que le hockey n’est pas une discipline réservée aux hommes et qu’elles aussi ont une voix, et peuvent écrire l’histoire de la discipline. Elles disputeront leur premier match, contre l’Italie, le 5 février, à la veille de la cérémonie d’ouverture. Notons aussi, que les jeunes femmes sont déjà officiellement qualifiées aux prochains Jeux Olympiques d’hiver, qui auront lieu dans les Alpes françaises. En bref, elles n’ont pas fini d’écrire l’histoire.


