Kathrine Switzer, première marathonienne
Kathrine Switzer ou Kathy Switzer, naît à Amberg, une ville d’Allemagne, le 5 janvier 1947, avant de déménager aux États-Unis, à une époque où les inégalités entre les hommes et les femmes étaient encore terriblement fortes. Elle suit des études de journalisme dans une université de l’État de New-York. Là-bas, elle s’entraîne au cross-country avec les hommes, puisqu’aucune équipe féminine n’existe. Mais ce qui va changer la vie de Kathrine, c’est d’entendre parler de Roberta Louise Gibb, qui participe au marathon de Boston en 1966. Gibbs n’est en revanche pas inscrite, à cause de l’interdiction aux femmes de concourir à ce marathon, et à tous les autres.

En effet, à ce moment, aucune femme n’a le droit de participer à une course de plus de 1 mile et demi, ce qui correspond à un peu plus de 2,4 kilomètres. Cette limite est le résultat de clichés encrés dans les croyances de tous. À cette époque, il se disait, dans un premier temps, qu’une femme n’avait pas assez d’endurance pour courir aussi longtemps, de plus, cela les rendrait masculine, mais surtout, de courir autant est un risque que leur utérus ne tombe.
Mais Kathy Switzer ne se décourage pas pour autant, et arrive à convaincre son entraîneur, Arnie Briggs, ayant finit 15 fois le marathon, de l’aider à participer à celui-ci. Arnie, qui croit aux clichés refusent, mais finit par accepter si Kathrine remplit deux conditions. La première étant qu’elle parvienne à courir la distance du marathon durant un entraînement, et la deuxième, est que les femmes ne soient pas interdites de participer.
Ainsi, 3 semaines avant le marathon, Kathrine et Arnie courent 42,195 kilomètres pendant un entraînement, mais pour prouver à son entraîneur qu’une femme peut courir cette distance, et en plus, facilement, elle parcourt 5 miles de plus. Les deux parcourent donc un peu plus de 50 kilomètres. Ensuite, la coureuse épluche le règlement du marathon de Boston, qui ne mentionne pas directement l’interdiction pour une femme d’y participer, malgré l’interdiction pour toutes les femmes de participer à une course sur route, par la AAU, la fédération américaine d’athlétisme.
Kathrine Switzer et Arnie Briggs s’inscrivent donc ensemble au marathon, avec en plus, Tom Miller, ancien petit ami de Kathrine, qui pratique lui, le lancer de marteau. Touché dans son égo, il considère que si une femme peut participer à un marathon, alors en tant qu’homme, il peut également le faire.
Les trois se lancent donc, le 19 avril 1967, dans le marathon de Boston, et c’est au sixième kilomètres, que la voiture de journalistes se rend compte qu’une femme est au milieu de tous les autres hommes, portant fièrement du rouge à lèvres ainsi qu’un simple serre-tête pour tenir ses cheveux. Mais à la différence de Roberta Louise Gibb, Kathrine porte, elle, un numéro, le 261.

En l’apprenant, Jock Semple, l’écossais directeur de course s’invite dans la course pour tenter d’arracher le numéro de Kathy, tout en lui hurlant de quitter la course. Arnie Briggs qui le connaît de ses 15 participastions précédentes, lui demande de laisser sa protégée, mais l’Ecossais l’ignore. C’est finalement Tom Miller qui met un terme à cette scène, en assénant un violent coup d’épaule à l’homme de 64 ans, le poussant dans le bas-côté, ce qui donne par la suite une image qui deviendra célèbre.

Plus tard dans le marathon, un groupe d’hommes entoure la marathonienne, afin de la protéger d’un éventuel retour de Jock Semple.
Kathrine est la première femme à achever un marathon, de façon officielle, et ce, en 4 heures et 20 minutes. En revanche, la fédération américaine d’athlétisme disqualifie la femme. Le Marathon devient de manière plus explicite interdit aux femmes, avant de finalement les autoriser à participer lors de l’édition de 1972.
Elle participe à d’autres reprises à ce marathon, et même à d’autres. Elle effectue durant sa vie 9 fois ce marathon. Kathrine atteint son record en 1975, en 2 heures, 51 minutes, et 29 secondes. La dernière fois qu’elle le fait, c’est 50 ans plus tard, à 70 ans, le 17 avril 2017, en 4 heures, 44 minutes, et 37 secondes. C’est son quarantième marathon.
De plus, malgré leur différent lors de l’édition de 1967, Jock Semple et Kathrine Switzer deviennent par la suite amis, la femme étant même présente au lit de mort de l’écossais.


