Culture,  Santé

Les femmes et les hommes sont-ils égaux face à la santé?

Pour certains médicaments que l’on peut acheter en pharmacie, il existe une séparation entre ceux destinés aux femmes et ceux destinés aux hommes, et cela même pour un simple anti-inflammatoire. On peut alors se demander pourquoi nous n’avons pas deux versions pour chaque anti-inflammatoire. Les femmes et les hommes sont-ils égaux face à la santé ?

 

Tout d’abord, il est intéressant de préciser que, pour certains médicaments prescrits, le corps d’une femme ne réagira pas de la même manière que celui d’un homme. Le corps des hommes et des femmes a, par le passé, été considéré comme similaire, à l’exception des organes reproducteurs et de la taille, alors que des spécificités physiologiques et hormonales bien plus complexes existent. En général, les femmes sont exposées à des concentrations plus élevées et à des temps d’élimination plus longs. Cela est dû à de nombreux paramètres, dont les plus simples à comprendre sont, par exemple, le poids, qui est en moyenne inférieur à celui des hommes, des organes de plus petite taille ou encore une masse grasse supérieure, qui vont influencer l’expression du système enzymatique (qui permet de faciliter les réactions dans le corps) ainsi que les fluctuations hormonales.

Par ailleurs, les médicaments peuvent avoir plus ou moins d’effets chez les femmes. Cependant, lors de la majorité des essais cliniques, les médicaments ne sont administrés qu’à des hommes, bien que les femmes représentent 51,6 % de la population française. À noter que, durant les années 1960-1980, deux scandales ont eu lieu aux États-Unis, où des femmes ont participé à des essais cliniques. Durant ces essais, la prescription de la thalidomide, un anti-nauséeux, et du distilbène, permettant de prévenir les fausses couches, ont causé la naissance de bébés avec de graves malformations.

Ensuite, j’aimerais traiter du fait que les femmes sont souvent décrédibilisées lorsqu’elles ressentent des douleurs. Ainsi, de nombreux symptômes sont considérés comme dus au stress ou à la fatigue, sans que le problème soit réellement étudié. De plus, les symptômes de certaines maladies mortelles ne sont pas les mêmes chez les hommes et chez les femmes. L’infarctus du myocarde (appelé aussi crise cardiaque) ne présente pas les mêmes symptômes selon le sexe, ce qui explique le fait que les femmes sont diagnostiquées en moyenne 7 à 10 ans plus tard, et aussi le fait qu’elles en meurent malheureusement plus souvent.

 

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Enfin, j’aimerais que vous ayez conscience du fait que l’anti-inflammatoire dont je vous parlais au début n’est qu’un argument marketing. Les versions « homme » et « femme » ont exactement la même composition, seul le prix change. Il est donc important de demander conseil à son pharmacien avant d’acheter un médicament qui, de plus, n’est pas adapté aux femmes dans tous les cas. Il est important d’informer afin que les femmes aient conscience de ces inégalités.

 

Pour conclure, même si réaliser des essais cliniques sur des femmes ayant des fluctuations hormonales différentes peut être complexe, cela permettrait de faire un pas vers une égalité dans le domaine de la santé. De plus, il est aussi très important d’écouter les femmes en essayant au maximum d’abolir les stéréotypes de genre, afin de pouvoir évoluer vers une véritable égalité face à la santé.