Pourquoi aime-t-on se faire peur ?
La peur malgré qu’elle soit perçue comme une émotion négative est recherchée par l’homme via par exemple le visionnage de film d’horreur ou la création des parcs d’attraction à sensations fortes, cela peut nous paraître très contre-intuitif. L’homme se met lui-même, volontairement, dans des situations qui le poussent à avoir peur ? Pourquoi donc aime-t-on se faire peur ?
Si aujourd’hui la peur est une sensation que l’on recherche par nous-mêmes, elle permet à l’origine à l’homme, et aux animaux en général de se protéger face aux menaces de l’environnement.
Le cadre social dans lequel on grandit impacte notre relation avec la peur.
La peur est perçue de manière différente selon les personnes. En effet, elle diffère selon notre corps à cause de nos différences génétiques, nos souvenirs personnels par exemple les traumatismes d’enfance ou encore la culture du pays. Nous pouvons notamment l’illustrer avec les araignées, en Amazonie les personnes auront tendance à être plutôt neutre face à cela alors qu’en France 5% de la population est arachnophobe, cela peut s’expliquer par le fait qu’en Amazonie les personnes sont habituées et fréquentent les araignées au quotidien, par conséquent il sera beaucoup plus rare d’en avoir peur.

L’homme peut donc apprendre à ne plus avoir peur de certaines choses par habitude.
C’est pour cela que nous n’aurons pas les mêmes sensibilités face à un film par exemple. Par conséquent, les producteurs de films d’horreurs ou les ingénieurs dans les parcs d’attraction font en sorte d’avoir de la créativité pour qu’on ne soit pas habitué, ou ils jouent sur la surprise afin que l’on continue tout de même à avoir peur.
Pour comprendre comment l’homme en vient à être attiré par la peur, il faut comprendre le fonctionnement du corps et ses réactions lorsqu’on a peur.
Chez tous les mammifères la peur née à partir d’un stimulus qui peut être par ailleurs un bruit ou un événement, par la suite le stimulus va être traité dans l’amygdale qui est une partie du cerveau constituée de neurones (oui oui pas les amygdales de la gorge). L’amygdale permet en partie de déclencher par la suite toutes les réactions de la peur lors d’un processus réactionnel. Lors de ce processus les glandes surrénales vont être touchées et vont libérer plusieurs hormones telles que l’adrénaline, le cortisol (hormone du stress), la dopamine (hormone du plaisir) et l’endorphine.

Les chercheurs comprennent alors que l’on aime ressentir la peur pour de multiples raisons.
En premier lieu, le fait de savoir que ce n’est pas une situation réelle de danger nous permet d’avoir de l’excitation comme si c’était un jeu. De plus, la dopamine, l’hormone du plaisir est perçue comme source de récompense après avoir ressenti la peur, exactement comme lorsque qu’on mange par exemple quelque chose de sucrée. Il y a donc une addiction qui peut se créer.
Ensuite, certaines personnes peuvent aussi se sentir fière après avoir affronté quelque chose de terrifiant cela remonte l’estime de soie, et nous permet, par conséquent de se sentir prêt à affronter un événement dangereux. Aussi, cela nous permet d’explorer de manière gérable de nouvelles sensations et en tirer des leçons. Les amateurs d’horreur développent une sorte de résilience mentale contre le fait d’être terrorisée face à une situation inhabituelle.
Il existe une dernière catégorie de personnes n’appréciant pas la peur mais qui se force à l’affronter tout de même car ils ont l’impression de s’améliorer, d’améliorer leur développement personnel.

Pour conclure, bien que la peur soit une émotion instinctivement liée au danger, l’homme la recherche parfois volontairement pour le frisson, le plaisir ou le dépassement de soi. Ce paradoxe s’explique par des mécanismes biologiques, psychologiques et culturels, révélant que la peur, modérée, peut devenir une source d’excitation, de croissance personnelle et de résilience. Cependant, il est important de noter que près de 50 % de la population n’aime pas avoir peur, ce qui montre que notre rapport à cette émotion reste profondément individuel.


